Tout contre l’hôpital Sainte-Anne, dans la rue, se dressent trois panneaux de bois gravés. Un texte libre, sans ponctuation, ni syntaxe, et dont chaque mot tracé dans la pulpe du chêne palpite de tourments, d’hallucinations, de secrets que nous livre Jeannot.
« c’est la religion qui a inventé un procès avec des machines électroniques à commander le cerveau sommeil pensées maladies bêtes travail toutes fonctions du cerveau nous fait accuser de crimes que nous n’avons pas commis… »
De retour de la guerre d’Algérie, ce jeune militaire apprend le suicide de son père. Il reprend alors avec sa mère et sa sœur la ferme familiale. La famille s’isole peu à peu du monde, chasse les visiteurs à coups de fusil, jusqu’à traverser l’inavouable… Enfermé dans sa chambre, des mois durant, Jeannot grave son plancher jusqu’à s’en laisser mourir de faim, à l’âge de 33 ans.
A travers le chant, la vidéo et l’écriture instrumentale, Le Plancher de Jeannot met en scène la multiplicité des voix et des personnages contenus dans un seul sujet, ses moments de furie et ses accalmies lancinantes. Un théâtre musical de la démence et une expérience de désintégration du son qui s’achèvera par la chute du voile du réel… |