Aujourd’hui nerveux, irascible, violent et mesquin, Ivanov ne se reconnaît plus : « Il y a un an, j’étais vigoureux, infatigable, plein de feu … Je regardais dans l’avenir comme dans les yeux de ma mère … J’ai juré à ma femme un amour éternel … et je ne l’aime plus. Pourquoi ? Jour et nuit, je souffre … Je me sens horriblement coupable mais où se situe ma culpabilité, je ne le saisis pas. »
Ivanov relèverait d’une justice qui saurait apprécier l’ambiguïté et la complexité des rapports humains. C’est cette complexité que Philippe Adrien souligne en privilégiant l’intériorité des personnages et en mettant à nu les rapports qu’ils entretiennent entre eux.
La nouvelle traduction d’Ivanov qu’il signe avec Vladimir Ant est inventive, claire et incisive. Elle est remarquablement servie par une mise en scène sombre et gaie à la fois, sans parti-pris définitif, entre la noirceur de la mélancolie et l’appel de la vie, au plus près de l’ambition de Tchekhov. |